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L’immortelle de Castifao souffle sur l’Orient

Le 29 juin dernier, l’exploitation agricole « Tesoru di Machja » dirigée de main d’orfèvre par Jean-François et Pierre-Louis Antoniotti et située sur la commune de Castifao, a servi de magnifique écrin pour une rencontrer avec une délégation composée d’ingénieures et d’étudiantes en aromathérapie venues spécialement d’Hong Kong pour mieux connaitre les vertus de l’immortelle mais aussi pour découvrir la qualité du miel de Thibaut Carli ou encore les magnifiques poteries de Geneviève Grimaldi d’Esdra.

Au clinquant « Jacquemus » célébrant l’image d’une Corse balnéaire, avec ses naïades et ses célébrités, on optera pour l’humilité, l’authenticité d’un show profondément corse, profondément humain. Dans la vallée de la Tartagine, là où l’on ressent les émotions, le choc d’une vie rurale, ancienne, simple et noble à la fois avec la découverte de  « Tesoru di Machja », un domaine appartenant à la famille Antoniotti. Il y a le paternel, Jean-François et le fiston, Pierre-Louis, un ancien journaliste qui a fait le choix de reprendre l’exploitation familiale : dommage pour la presse insulaire, tant mieux pour son agriculture ! Et l’on doit cette rencontre à l’œil averti, à la curiosité de Jean Bucchini, qui sait cultiver le réseautage à la perfection et à ses amis, Bernard et Geneviève Grimaldi d’Esdra. Une suggestion d’un reportage original… Loin de tout conformisme et de tout faux-semblant ! Une délégation d’ingénieures et d’étudiantes en aromathérapie venue spécialement de Hong Kong, littéralement « l’île parfumé » (cela ne s’invente pas) pour découvrir l’immortelle corse, ses secrets, sa culture et ceux qui la produisent. Derrière ce projet, ce voyage initiatique, il y a Karen Vogel, la directrice générale de JMKY, une entreprise spécialisée dans l’import-export de produits cosmétiques entre la France et Hong Kong. Née à Hong Kong, Karen travaille avec son mari qui est, de son côté, originaire de la plaine orientale. Un séjour longuement préparé et divisé en deux parties : la première moitié du voyage étant consacrée à la découverte des exploitations agricoles et cosmétiques insulaires autour de l’immortelle et la seconde partie à celles des Alpes Maritimes et du Var autour de la lavande. L’initiative correspond pleinement à l’idée d’un tourisme patrimonial, durable et culturel défendue par Jean-François Antoniotti : « C’est la première étape d’un projet pour valoriser notre territoire, celui de la Pieve di Caccia (Asco, Moltifao et Castifao) en intégrant, dans un circuit touristique, ses agriculteurs et ses artisans. » Une fédération des énergies sous initiative privée, là où les choses se font souvent plus aisément et plus efficacement.  

A Castifao, le commencement d’une relation, d’une belle rencontre entre ces ingénieures bien décidées à tout savoir de « l’immortelle » et surtout comment est produite cette saveur dont elles raffolent : visite du domaine et des champs de culture, récolte, distillerie, stockage, toutes les étapes sont scrutées avec assiduité, curiosité et passion. L’Hélichryse est largement adoptée en Asie pour ses bienfaits naturels. Karen n’hésite pas à nous le faire remarquer : « Lorsque mon fils était très jeune, il s’était ouvert le pouce à Ghisonaccia. Une vieille dame lui avait concoctée un baume à base d’Immortelle. Le résultat fut saisissant. IL n’avait plus rien quelques heures plus tard. »

Utilisée pour résorber les plaies, améliorer la cicatrisation, réduire les bleus et différente affections de la peau, l’huile essentielle d’immortelle a des vertus également circulatoires, drainantes et anti-infectieuse, anti-hématome. Tout au long de la journée, il était fréquent de voir, à tour de rôle, chaque délégataire se passer un peu d’immortelle sur la tête. Non pour se donner un peu de frais mais tout simplement par goût, par amour pour son puissant parfum. Pour les membres de la délégation, cette visite restera inoubliable par la découverte de la culture, des agriculteurs, des paysages, du maquis et de la beauté de cette Corse silencieuse, à l’abri des regards et donc des clichés On se pose chez les Antoniotti comme autrefois, un lieu où le partage fait encore office de valeur. On s’amuse, on discute, on rit. Et attention de ne pas froisser nos visiteurs venus du lointain Orient. Certes, ils sont Chinois administrativement mais ils tiennent à leur identité : « Un peu comme les Corses » nous font-ils remarquer. Qu’importe, on notera surtout l’insouciance, la bonté des âmes, la joie de vivre dans ces regards étonnement sincères. 

En Asie, on sait encore s’émerveiller des choses simples de la vie. Cela rassure. Les agapes seront l’occasion de vérifier cette vérité. Autour d’un repas subjuguant réalisé par la mère de Pierre-Louis Antoniotti, la délégation laisse exprimer sa joie, sort davantage de sa réserve. On entend la voix de Jean-François Antoniotti : « Allez, c’est maintenant s’il y a des personnes qui veulent voir l’intérieur ! » L’intérieur, celle de la machine à presser l’immortelle. Non seulement, la délégation va prendre des photos mais toutes vont sauter à pieds joints pour un grand moment de bonheur. Simple, sans chichi.. Au point d’émerveiller nos regards devant tant d’humilité et de reconnaissance pour la vie. Place ensuite à la découverte du miel et plus précisément de la noble profession d’apiculteur à travers le regard, les conseils, le parcours atypique du jeune diacre Thibaut Carli. Sous les regards attentifs, Thibaut évoque la vie, l’organisation de la société d’une ruche. Il explique les structures de cire, la constitution des alvéoles, la durée d’une abeille qui sera de cinq jours, celle de la reine d’environ cinq à six mois, Il dévoile, en toute sécurité, un cadre dans lequel se trouve un essaim composé de 3000 abeilles avec la reine en train de fuir et de se protéger de la lumière naturelle. Merveilleux jusqu’au point de pouvoir déguster une cuillère à soupe d’un miel des plus exquis et des plus parfumés. Et la journée-choc s’est poursuivie avec la présentation des poteries de Geneviève Grimaldi d’Esdra, une ancienne élève de l’Ecole Boulle – Ecole Nationale des Arts Appliqués aux Industries de l’Ameublement qui a décidé, il y a trois ans de s’adonner à sa passion pour la poterie : vases, assiettes, verres, feuilles d’arbres, l’artiste obtient formes et couleurs incroyables, éblouissantes et mystérieuses. Au cours de cette magnifique journée, Jean-François et Pierre-Louis Antoniotti, Thibaut Carli et Geneviève Grimaldi d’Esdra ont fait, en sorte, de montrer ce que la Corse peut faire de meilleur, en toute simplicité, en toute authenticité, avec la satisfaction de ce moment de partage qui restera, pour chacun, inoubliable.

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