En Balagne, Jessica Mei et son père Olivier ont redonné vie à un trésor de la mémoire gustative et collective : U canistrellu. Leur enseigne, U Biscuttone est en plein essor au regard de l’extrême qualité de leurs produits. Tendres, concoctés avec passion et amour, vous n’en mangerez pas de meilleurs !
Du hasard objectif à la Breton, l’on tisse de belles rencontres. Les journées ne sont jamais programmées comme l’on pourrait s’y attendre. Sur la route, des personnes bienveillantes. Une halte à L’Ile-Rousse, la discussion, l’échange François et Oswaldo et très vite, la direction de Lumio, à la rencontre d’Olivier et de sa fille Jessica. Echelle de tendresse : 10 sur 10. L’amitié s’instaure et se retrouve dans le palais. On goûte, on se délecte, on raffole des canistrelli du Biscuttone. Parfum anis, s’il-vous-plait, celui de nos belles années d’enfance ! Et tout de suite, le retour sur image. L’image de ce biscuit sec trempé dans la café au lait réchauffé par son grand-père. « U Biscuttone » est l’antidote à l’industrialisation qui nous fait perdre l’essentiel : notre âme.
Jessica a imaginé, a réinventé et a renouvelé un savoir-faire ancestral. Echelle de saveur : 10 sur 10. Comment en venir à cette idée, à ce concept ? « C’est une recette de famille qui provient du côté de ma mère. J’ai toujours aimé faire de la pâtisserie. Ma mère me consacrait chaque mercredi. Elle a avait fait de même avec ma sœur mais séparément car nous avons dix ans d’écart. On faisait des gâteaux ensemble. Mais le canistrellu est venu quelques années après au moment où j’ai voulu retrouver ce parfum à l’anis de mon enfance. »

Et c’est en 2019 que Jessica crée sa petite entreprise artisanale avec l’objectif de mettre en avant le « fattu-manu ». Eveiller et élever le goût. Toute une promesse et même défi à l’heure de la mondialisation fade et avariée de l’alimentation. Avec « U Biscuttone », on est aux antipodes de la congélation massive, de la production intensive, de la laideur des produits d’enseignes franchisées de la boulangerie et de la pâtisserie. Quel effrayant attrait de la masse pour les standards immondes de l’uniformisation !
La « madeleine de Proust » pour Jessica sont les canistrelli à l’anis « C’est pourtant avec l’anis que j’ai eu le plus de difficultés. J’ai mis beaucoup de temps avant de trouver le bon dosage. J’ai recommencé trois à quatre fois avant de trouver la bonne recette. Pour le citron, la vanille, ce fut beaucoup plus simple. » Au point d’en définir ses propres parfums, d’en faire ses propres extraits notamment de vanille. La gamme s’étoffe avec les canistrelli aux pépites de chocolat, à la noisette ou aux amandes. Tout est artisanal, au sens noble du terme, on respecte la tradition pour sublimer la saveur. Rien n’est mécanique, tout est amour du travail bien fait, du travail consciencieux. Les produits « U Biscuttone » sont uniquement vendus dans quelques commerces en Balagne comme le tabac-boutique de l’aéroport de Calvi ou lors des foires et marchés du territoire. Derrière la saveur, le coup de maître marketing de Jessica est également d’avoir créé un canistrellu en forme de Corse, ce qui n’avait jamais été envisagé auparavant « Au départ, je ne les faisais pas ainsi mais comme ma mère les réalisait, avec l’aide d’une roulette. Je n’étais pas satisfaite du résultat. J’ai cherché des idées simples et jolies et la Corse s’est imposée naturellement. C’était devenue une évidence. »
Jessica songe aussi le packaging, l’accompagnement de ses canistrelli avec un emballage, lui-aussi, original : « Le paquet est différent des paquets traditionnels avec la femme au foulard, la Tête de Maure ou la représentation de la Corse. Je voulais une identité plus colorée avec un bleu-vert des plus personnalisés. »
En termes de production, Jessica et Olivier tiennent à préserver avant tout leur démarche qualité assurant une fabrication artisanale loin des procédés industriels et de leur utilisation d’arômes artificiels. Le retour aux sources est intégral. Pour garantir la logistique, père et fille se dévouent derrière les fourneaux quasiment jour et nuit surtout lors de la saison estivale : « A partir du mois de mai, nous devons augmenter la production. Nous avons besoin de trois jours pour faire entre quatre et six kilos de farine de chaque parfum, soit au total 12 kilos par produit. On va pouvoir sortir plus de 30 paquets pour les six qualités. » souligne Olivier. Et Jessica d’abonder : « Après la réalisation de la pâte, nous passons à la confection, soit environ une journée de travail. Le façonnage et l’emballage sont les temps les plus longs. Nous étalons encore la pâte avec le bon vieux rouleau à pâtisserie. » Et en toute vérité, il n’y a qu’admiration pour ce respect du sacré, de l’ancien, du savoir-faire traditionnel. : « On est vraiment dans l’artisanal. » complète Olivier.
En croquant dans ces biscuits, on s’étonne instantanément du goût, bien sûr, mais aussi d’une belle onctuosité du produit. Incroyable sensation. Tout est dans la bouche. Et très vite, l’envie de repiocher dans le sachet. Au final, en un petit-déjeuner, c’est le sac de Rome par les Vandales. Le ventre est rassasié mais les yeux sont tristes car il n’y en a déjà plus pour le lendemain. Triste nouvelle ! Une nouvelle halte en Balagne s’imposera très rapidement. Tout simplement extraordinaire !
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