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Yamandu Costa, le magicien qui a sept cordes… à sa guitare !

Guitariste virtuoste, Yamandu Costa ouvrira le bal des Nuits de la Guitare, ce lundi 20 juillet à Patrimonio, en première partie de soirée. Le talent est une affaire d’humilité, de gentillesse, de bienveillance. Jean-Bernard Gilormini l’avait bien indiqué en révélant son bonheur, son plaisir que d’accueillir des artistes aussi élégants et chaleureux que le Brésilien… 

Immédiatement, au téléphone, la voix ne trompe pas, sincérité et courtoisie se dégagent dès les premiers mots, les premières notes pour rester dans le registre des Nuits de la Guitare de Patrimonio. Cette 35ème édition sera inaugurée par Yamandu Costa qui se produira en première partie de Calogero. Yamandu Costa est né au Brésil, il y a 46 ans dans une famille de musiciens de la classe populaire. Depuis l’âge de 7 ans, il joue, il compose, il improvise. Il est la courroie de transmission de cette musique brésilienne et de toutes ses variétés : Choro, Samba, Bossa nova mais aussi des musiques de l’Amérique latine du sud, l’Argentine avec le tango, le milonga ou encore l’Uruguay. Formé par son père, Algacir Costa, leader du groupe musical Os Fronteiriços (Les Frontaliers), Yamendu s’est enrichi des multiples échanges tissés avec Lucio Yanel mais aussi en s’inspirant de ses modèles, Baden Powell ou encore Raphael Rabello. Il jouera à Patrimonio pour la sixième fois en 35 éditions. Pas mal, non ? La Corse est une terre qu’il retrouve avec enchantement : « Patrimonio, c’est un festival très important pour moi, c’est une conception de la musique que j’aime, celle du partage. Le festival est relié, il est en connexion très forte avec la musique latine. Jean-Bernard me fait l’honneur, à chaque fois, de m’inviter en me proposant de nouvelles collaborations. J’aurai la chance de me produire le 20 mais aussi le 21 avec Antoine Boyer qui est un musicien très talentueux de la nouvelle génération. J’ai d’ailleurs enregistré un album avec lui, il est fantastique. » 

Yamandu promet de nous plonger dans la culture « Gaucha », des cavaliers de la Patagonie, de ce Brésil du sud proche de l’Argentine, de l’Uruguay. Il en est un repère culturel, un marqueur géographique pour nous : « Ce n’est pas que de la musique brésilienne, je suis très intéressé à l’idée de faire rayonner la culture latino-américaine dans son ensemble. » Le choix de la guitare à sept cordes lui a permis de faire naitre son propre style riche de toutes les influences latino-américaines : « J’avais fait ce choix principalement en raison de Raphael Rabello, il faisait partie de la dernière grande génération de musiciens de la guitare brésilienne. Il a commencé à réintroduire le répertoire traditionnel brésilien comme Baden Powell. Après avoir entendu Raphael Rabello, toute les musiciens de ma génération sont passés de la guitare classique à six cordes pour la sept cordes. C’est un instrument qui se développe encore en Amérique latine, il est à la fois un instrument patrimonial dont les racines proviennent du Portugal mais aussi de Russie. C’est une guitare extensive, une corde en plus, permet de faire un plus grand nombre de combinaisons, d’harmonies. »

Mélange et improvisation pour faire rayonner la musique populaire, Yamandu Costa s’est assigné cet objectif depuis ses débuts. Il aime la rencontre, l’éphémère d’une soirée. Patrimonio a une place essentielle dans son cœur :  « J’ai pu jouer avec Armandinho, un grand bandonéoniste, avec Mélody Gardot, j’ai pu rencontrer une très grand nombre de musiciens à Patrimonio. » Côté projet, il y a la promotion de son dernier album, sorti le mois dernier avec Antoine Boyer : « Estrada Longa » La longue route, celle d’une musique nécessaire, indispensable au regard d’une période compliquée : « On vit dans un monde rendu difficile par la révolution digitale qui menace les identités. La nouvelle génération aura le défi de maintenir les traditions musicales. » Une sorte de biodiversité musicale en danger ? « Maintenant, tout semble pareil, la musique semble uniformisée. Cela m’inquiète fortement. La culture doit rester un acte original qui traverse les époques. »


Yamandu Costa – lundi 20 juillet – Théâtre de Verdure –

Première partie suivie de Calogero

https://www.festival-guitare-patrimonio.com/billeterie.php

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