C’était un dimanche matin, celui du 31 mai. Saint-Jean Baptiste, l’église, le marché de Bastia et un petit coup de fil, celui d’un proche, d’un cousin de Marie-Paule Belle, qui achèvera, ce soir-là, sa carrière musicale à l’occasion de son 80ème anniversaire. Un rendez-vous et un acte manqué. Sûrement avait-elle la sensation d’avoir dit l’essentiel, sa vie, une vie entière consacrée à la liberté d’expression, à l’exigence, à la rigueur, aux échanges et aux épreuves de la vie.
Marie-Paule Belle s’est envolée, le 25 juillet, à son domicile. La Bonifacienne, qui a envoûté plusieurs de nos générations, restera ainsi comme un personnage de roman, une comédienne de chez monsieur Poquelin alias Molière. Mourir sur scène ? Ou mourir après la scène ? La vie est ainsi pleine de symboles.
L’un de ses camarades, l’humouriste Olivier Lejeune a décidé de remonter le temps : « Adieu merveilleuse Marie Paule Belle. Tellement triste de ton départ. Je me souviens de tes débuts, auprès de Thierry Le Luron… j’ai immédiatement été fan, ton regard pointu et malicieux, cette originalité qui détonnait par rapport à ce qui se faisait… sensibilité, humour, poésie … et surtout humilité, simplicité lumineuse… j’étais le 1er juin à ta dernière au Théâtre de Passy… Qui pouvait imaginer que quelques semaines après tu tirerais ta révérence ?! Je vais garder précieusement tes messages reçus récemment. Modeste comme tu l’étais, tu n’imagines même pas le nombre de personnes que tu laisses dans la peine. Bravo l’artiste par excellence. »
Avec la disparition de Marie-Paule Belle, la chanson française perd une artiste libre, raffinée, engagée et profondément singulière. Elle était l’intelligence des mots, de l’humour et de la sensibilité.
À ses frères, Jean-Michel et Olivier, à toute leur famille, à leurs proches et à tous ceux que ses chansons ont accompagnés au fil des décennies, L’Insulaire adresse ses pensées les plus sincères.



