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Napoléon – Trump : Oh my God !

L’individu ne sera jamais avare d’adversaires. Donald Trump aura passé une partie de sa vie à se chercher des ennemis, à s’en fabriquer aussi. On savait l’homme imprévisible, on ne le pensait pas au point de critiquer le pape Léon XIV et de poster dans la foulée une image IA le représentant en Jésus-Christ. Pensait-il imiter Napoléon qui s’empressa, lors du sacre impérial, de prendre la couronne des mains de Pie VII ?

Tout est communication notamment en politique. Décrets, proclamations, ordonnances, hier ! Tweets, clips, photos générées par l’IA, aujourd’hui ! L’objectif reste le même, développer sa propagande à travers son récit personnel. Pour Napoléon, « le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l’argile humaine » selon Chateaubriand, la propagande, c’est la garantie de tout maîtriser.  Au cours de la campagne d’Italie, alors qu’il est encore un jeune général peu connu de la population, il sait son destin en marche. Et pour l’accompagner, le mettre sur la bonne voie, il invente et met en musique sa propre correspondance. Ses proclamations sont publiées dans l’organe de presse qu’il créée à cette fin, Le Courrier de l’armée d’Italie. Un second journal sera créé quelques mois plus tard, « La France vue de l’armée d’Italie » toujours sous sa férule. Dans ses revues, on trouve des publicités, des drapeaux, des dessins, des objets, des illustrations qui renforcent la gloire des soldats de l’Armée d’Italie. Napoléon, grâce à sa presse, concrétise ses éclatantes victoires en succès  politique. Face à cet incroyable sens de la formule, de la répartie et de l’action, le Directoire n’a de réponse que de lui confier la campagne d’Egypte en espérant secrètement qu’elle marquera sa ruine. Il en reviendra plus triomphant malgré l’échec de sa mission politique. L’Orient reste décidément « compliqué ». Pour ajouter à la légende napoléonienne, l’Empereur n’hésitera pas à tancer vertement et en de multiples occasions le pape Pie VII.

Chez Donald Trump, la même idée, la même lecture, la même instantanéité, la même brutalité, la même violence car la politique est un rapport de forces. Dans le même mouvement, une image générée par intelligence artificielle — le représentant en Jésus-Christ — a circulé puis été retirée de ses réseaux. Intense, abyssal ! Que devient le sacré ? Alors Trump a-t-il songé à Napoléon qui, le premier, n’a pas voulu se laisser dicter par la légitimité religieuse du Vatican. Dans un geste célèbre, il prendra la couronne des mains du pape Pie VII pour se la poser lui-même. Ce moment est esquissé et  immortalisé par Jacques-Louis David dans Le Sacre de Napoléon. C’est pour les historiens, l’un des basculements les plus puissants de la modernité politique. Napoléon parachève l’idée des Lumières. Le sacré n’est plus politique. Le tableau de David est une leçon. Il nous interroge sur la durée des hommes, des empires et des nations. : « Pour un temps nécessairement bref » selon Olivier Battistini. A la différence chez Trump qui efface son image numérique alors qu’elle n’était que flux et donc destinée à se noyer, à disparaître dans l’univers virtuel.

Critiquer le pape, c’est franchir une limite, un interdit. C’est comme se moquer des Corses selon Pido, c’est possible mais il ne faut pas le faire. Alors, on essaye de voir plus loin. Cette polémique dit beaucoup de Trump, de ce bulldozer new-yorkais faisant fi de tout, de toutes les conventions. Il s’autorise à attaquer la sacralité, à la tourner en dérision. II oppose au pouvoir spirituel, à sa permanence dans l’histoire, sa propre temporalité, rapide, troublante et déroutante. Du tableau du sacre impérial à l’avatar numérique, il y a la part de mystérieux qui trotte dans les têtes des grands dirigeants du monde. Chacun veut maîtriser sa propre image au point de vouloir dépasser celle du sacré… C’est osé et risqué. Chez Napoléon, on peut garder toutefois un profond calcul, un art politique de ce qu’il convient de penser puis d’appliquer. Chez Trump ? Et si nous n’en savions probablement rien car victimes de notre époque terriblement réductrice, tellement éloignée des considérations spirituelles.

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