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Le monde appartient aux gentils : la révolution douce selon Alexandra Puppinck Bortoli

« Le monde appartient aux gentils » est le titre du nouvel essai d’Alexandra Puppinck Bortoli. C’est un traité, un éloge, un plaidoyer pour ces âmes discrètes du quotidien qui permettent à notre monde de conserver son équilibre. L’auteur, ayant des attaches familiales à Sartène, a souhaité faire émerger ce thème de la gentillesse, en explorant ses origines, son atmosphère et son essence. Souvent perçue comme une faiblesse, la gentillesse se révèle, au contraire, être une source inépuisable, prête à irriguer les contrées les plus arides, les plus tristes, les plus closes. Alexandra Puppinck Bortoli parvient à ébranler le fatalisme et le cynisme ambiants. Un véritable tour de force !

Tel un archéologue maniant son grattoir, Alexandra Puppinck Bortoli plonge, avec délicatesse, ses mains dans l’argile humaine, capturant les émotions qui s’y trouvent. Écrivaine, conférencière, philosophe et thérapeute, son parcours est une ode à la vie, à l’échange et à la confrontation avec l’épreuve. Elle s’illustre par la certitude d’une chose éprouvée : si l’on tombe, on peut également se relever. Alexandra est une âme subtile, vagabonde, belle. Elle illumine une pièce de sa lumière, de sa bienveillance. On imagine qu’elle n’a pas rencontré de grandes difficultés à écrire son livre sur la gentillesse. Elle serait ainsi son propre cobaye, mais pas seulement… Le temps est fugace… Deux petites heures passées en sa compagnie à Sartène, mais un détail, un déclic, un bouleversement. La gentillesse d’Alexandra est politique. Elle appelle les gentils à s’emparer du pouvoir, et ce, avec leur propre arme. Mais attention, ne voyons pas la gentillesse sous un jour naïf et candide. Pas de mièvrerie ni de moraline chez Alexandra, juste des valeurs… Uniquement des valeurs propices à l’action : la rigueur, la profondeur et la sensibilité, qui peuvent renverser les sociétés les plus avides et les régimes les plus cyniques. La gentillesse n’exclut pas le sérieux. Pour certains, elle ne serait qu’une poudre aux yeux, une illusion d’enfance. Comme une étoile, Antoine de Saint-Exupéry nous dirait probablement de suivre les préconisations d’Alexandra. Il ne s’agit pas d’être de gentils moutons, mais de les dessiner pour emprunter un chemin de vie paisible, sans rien s’interdire, sans renoncer à réaliser des projets passionnants… La gentillesse est un état d’esprit, une solution, une clé qui instaure la confiance en soi.

Affirmons-le sans hésitation : la gentillesse n’est pas synonyme de complaisance, de fragilité, d’acceptation de l’emprise ou de manque de caractère. La gentillesse, c’est aussi et surtout savoir dire non. Elle ne se laisse pas écraser. Alexandra Puppinck Bortoli brise les malentendus et les rythmes de la société moderne. Pour elle, « la gentillesse n’est pas l’absence de force, mais son expression la plus exigeante. » Être gentil, écrit-elle en substance, ce n’est pas céder ; c’est choisir. Choisir de ne pas répondre à la violence par la violence, choisir d’ouvrir là où d’autres ferment, choisir de construire là où il serait plus facile de détruire. Sa réflexion puise ses racines chez les plus grands philosophes. Aristote, le maître, en premier lieu, pour qui la vertu est toujours un juste milieu entre deux excès. À l’instar de Forrest Gump, le chemin est balisé : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats ! ». On ne sait jamais sur quoi l’on va tomber, mais tout ne sera qu’une grande discussion, que de riches échanges grâce à la communication et au langage. Alexandra Puppinck Bortoli souligne que la gentillesse n’est pas simplement une amabilité : « Être gentil, c’est reconnaître en l’autre une dignité irréductible, une altérité qui nous oblige. » Elle met en avant que la gentillesse est une manière d’habiter le monde. Ainsi, la gentillesse oblige. Elle contraint à résister et à refuser les rapports de force. Chez l’auteur, la gentillesse est une discipline de fer, presque martiale, la Vénus Victrix, la Vénus victorieuse… Elle évoque des maîtres de paix tels que Mahatma Gandhi, l’apôtre de la non-violence, Nelson Mandela ou Sainte Teresa.

Le monde appartient-il aux gentils ? Pas encore, mais il est impératif d’emprunter cette voie où l’on peut aisément se transformer, devenir le petit colibri qui contribuera à éteindre l’incendie. La gentillesse se vit dans la simplicité ; elle est l’école de l’humilité, mais aussi celle de la construction d’une société. Rien ne peut se réaliser sans elle. La preuve ? Le cynisme paralyse, réduisant à néant les initiatives. Ainsi, le pouvoir se réfléchit et se repense. Les gentils peuvent-ils se rassembler ? On peut le croire, on peut le souhaiter et surtout, on doit l’espérer. L’œuvre d’Alexandra Puppinck Bortoli devrait être classée d’utilité publique, enseignée et discutée dans les écoles, les collèges et les lycées. Pour mettre un terme aux imbéciles, rappelons-nous : le gentil n’est pas con, et le con n’est pas gentil ! Se souvenir d’Audiard et de sa capacité à déceler la bêtise. La gentillesse est comme le roseau de Jean de La Fontaine : elle plie mais ne rompt pas. En réalité, elle est l’observation de la bassesse et de l’ignorance. Au fond, la brutalité est à la portée de tous les imbéciles, mais la gentillesse exige du cran, du courage et de l’audace. Oui, le monde appartient aux gentils ! Et plus que jamais aujourd’hui, plus qu’hier et moins que demain.

Le monde appartient aux gentils

Alexandra Puppinck Bortoli

Éditions du Cerf – 176 pages – 17 euros.

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