Pour sa 11ème édition, Festi Lumi va, de nouveau, s’apprêter à colorer et à illuminer la ville de Bonifacio. Coupe du monde de football oblige, la municipalité a choisi de dédier la thématique de la manifestation au ballon rond et plus particulièrement à l’histoire du football corse, le club de la JSB bien sûr mais aussi l’épopée européenne du Sporting Etoile Club de Bastia en 1978.
C’est un moment très attendu pour un grand nombre d’insulaires. D’année en année, le succès ne se dément pas. C’est donc une clientèle nombreuse qui se presse à Bonifacio pour ce merveilleux show des arts visuels. La lumière pour s’extraire, pour rêver, pour s’évader. Et puis, fermons les yeux. Le silence puis le son. Ouvrons de nouveau le regard : la lumière est projetée sur les pierres, sur les façades de la cité des falaises. A couper le souffle. On projette dans un décor extraordinaire des scènes, des images, de la vie. Du 2 au 4 juillet 2026, Festi Lumi est devenu l’une des signatures culturelles les plus importantes de l’île.
Roxae Piriottu, l’adjointe au maire de Bonifacio en charge du tourisme et du digital, Nathalie Buresi, la directrice de l’office du tourisme de Bonifacio et Régis Clouzet, le directeur artistique de Festi Lumi ont présenté récemment la programmation de cette nouvelle édition.
L’objectif est ainsi de narrer un nouveau récit et cette fois autour du football. Pour la quinzaine d’artistes chargés d’illuminer les lieux, l’enjeu a été de taille, un défi passionnant à relever ; celui de se renouveler sans cesse, ce qui n’est pas une mince affaire. Fort du succès populaire, d’un événement qui a su passé de 1 800 spectateurs à près de 11 000 l’année dernière, les organisateurs tendent à l’excellence, à proposer un spectacle de très haute qualité. La lumière inspire souvent.

Regis Clouzet-L’Agence Lumière
Office du Tourisme de Bonifacio
On se plaît à imaginer chaque ruelle, chaque lieu emblématique de Bonifacio comme la citadelle, les voûtes de Saint-Marie-Majeure ou encore l’Arsenal se transformer, prendre de nouveaux habits l’espace de trois soirées curieuses, fiévreuses et donc lumineuses. La beauté de cette édition sera de faire la part belle au patrimoine matériel et immatériel à travers notamment le football, vieux souvenirs, vielles photos de la JSB, du Sporting, de Johnny Rep, de Claude Papi… Le maillot floqué de la Tête de Maure projeté sur la citadelle ? Whaou. Qui l’eut pensé ? L’hommage est particulièrement grisant d’autant qu’il s’effectue en période de coupe du monde. Du foot, en permanence ? Devant la télévision et en dehors.
On pense aussi à cette géologie particulière, ce caractère unique de Bonifacio où l’on ne pouvait imaginer plus beau décorum pour un si grand spectacle des arts visuels et de la lumière. Comme une porte vers l’histoire, vers le patrimoine, de ces spectacles qui font comprendre le réel, la réalité, le tragique, l’éphémère des choses et de la vie alors que les murs des cités sont encore en place.
Cette année, neuf artistes et collectifs venus de France, des Pays-Bas, de Suisse et d’Allemagne ont été conviés à cette réflexion audacieuse. Chacun apporte son regard, sa langue, sa sensibilité propre avant de créer sous l’autorité de Régis Clouzet, une oeuvre connectée : « Celle d’un récit collectif, tenu par un fil rouge que personne n’aurait forcément anticipé : le football. »

Pour Roxane Piriottu, l’élue en charge du tourisme: « L’association peut surprendre mais nous avons voulu évoquer ce patrimoine que représente le football en Corse. » A travers le Sporting, le Gazélec, l’ACA mais aussi et évidemment la Jeunesse Sportive Bonifacienne, fondée en 1921, club centenaire dont l’histoire se confond avec celle de toute une communauté.

Regis Clouzet-L’Agence Lumière
Office du Tourisme de Bonifacio
Sur la Place Carrega, le Collectif Étrange Miroir lui consacrera un vidéomapping narratif d’une grande intensité avec des archives, des voix d’anciens joueurs, des images Panini jaunies par le temps, la voix de Jean Pruneta, les musiciens bonifaciens Marco Disimone et le groupe Dì Ghi Di Scé.
Sur la Place d’Armes et les esplanades du Bastion de l’Étendard, Lumen Créations — société suisse spécialisée dans les installations digitales — propose Le Ballon de Lumière, création originale conçue spécifiquement pour Bonifacio. Un ballon apparaît dans les ruelles aux couleurs de la JSB, traverse les époques, convoque l’épopée bastiaïse et célèbre, dans un final lumineux, le football comme aventure collective et générationnelle.
À l’Office de Tourisme, Patrick Grandi et Rémi Soyez signent Corsa Furia, vidéomapping en quatre mouvements — Genèse, Héritage, Passion, Apothéose — qui mêle paysages corses, tours génoises, falaises et gestes de footballeurs en une fresque organique et bouillonnante, portée par la création musicale de Malik Djouad, où les chants polyphoniques, les paghjelle et les rumeurs de tribunes se fondent en un flux continu, envoûtant, profondément corse.
Dans la Halle de l’Arsenal, le collectif néerlandais AlexP installe Sym, dispositif interactif où chaque visiteur devient peintre : sa lampe torche de smartphone devient pinceau, et les gestes de chacun, captés en temps réel, se métamorphosent en motifs symétriques colorés projetés sur les murs. Les enfants se voient eux-mêmes, projetés en train de créer. C’est, en miniature, toute
la philosophie du festival : non pas contempler l’art, mais y prendre part.
Dans l’église Sainte-Marie-Majeure, la plus ancienne de Bonifacio, le collectif HAASKR fait quelque chose de bouleversant avec la lumière : il ne projette rien sur les murs. Il dessine la lumière directement dans l’air, en volumes, en faisceaux, en matières presque palpables, grâce aux projecteurs IVL Photon développés par la société française Minuit Une — une technologie rare, presque magique.
À l’église Saint-Dominique, le collectif international Tundra présente ROW — dix écrans holographiques à LED alignés dans la nef, produisant une image tridimensionnelle qui semble flotter dans l’espace, évoluant au rythme du son. Une œuvre doublement primée, au Japan Media Arts Festival et au CITIC Press Lightening Selection, qui transfigure un lieu de culte en espace d’une contemplation d’un genre nouveau. Et partout, la ville elle-même — ses façades, ses ruelles, ses places — partenaires silencieux de chaque création.
Sans compter un tres grand nombre de suprises à ne pas dévoiler… Festi Lumi sera, à n’en pas douter, une formidable expérience, celle d’une ville qui se raconte, qui aime se raconter, s’offrir aux autres en projetant… de bonnes ondes !
Renseignements: Festi Lumi – Le festival des lumières corses Festi Lumi : le festival des lumières corses Festi Lumi



