Spécialisée dans l’étude des rapports internationaux, héritière de l’École des Annales, ce courant de pensée du XXe siècle qui tend à prendre en compte tous les paramètres de l’histoire-géographie, la revue Conflits propose un Master Géopolitique, défense et sécurité. Son directeur, Jean-Baptiste Noé nous en dévoile les raisons et les enjeux.
Vous lancez un master en géopolitique. Pourquoi une revue de géopolitique comme Conflits se lance-t-elle dans la formation universitaire ?
La géopolitique est au cœur de tout ce que nous faisons depuis la fondation de la revue en 2014. Nous produisons des articles, des podcasts, des vidéos, des cartes, mais nous nous sommes rendu compte qu’il existait une demande forte pour aller plus loin, pour former vraiment des professionnels et des étudiants à penser le monde de manière rigoureuse et opérationnelle. Les entreprises, les administrations, les organisations internationales ont besoin de collaborateurs capables d’analyser les rapports de force, de comprendre les dynamiques stratégiques, d’anticiper les crises. Nous avons donc décidé de franchir le pas et de proposer un master.
Avec quels partenaires avez-vous construit ce projet ?
Nous avons souhaité construire quelque chose de solide sur le plan académique et international. Nous sommes associés avec deux partenaires : l’Université Lumsa de Rome, situé au cœur de la capitale italienne, avec une longue tradition en sciences politiques et en relations internationales ; et l’ESJ Paris, la plus ancienne école de journalisme au monde. C’est un trio qui parfaitement complémentaire : la rigueur académique de la Lumsa, la maîtrise de la communication et du décryptage de l’information de l’ESJ, et l’expertise géopolitique de terrain que Conflits apporte depuis plus de dix ans. Ce master est aussi un moyen de renforcer la coopération entre la France et l’Italie, et de former nos étudiants pour travailler dans des secteurs industriels de grande qualité de chaque côté des Alpes.
Concrètement, comment se déroule l’année ?
Le master s’étend d’octobre à juillet. Les cours ont lieu le mercredi après-midi, de 14h à 18h, et le samedi matin, de 9h à 13h. Ce rythme est pensé pour permettre à des étudiants qui travaillent en parallèle de suivre la formation, un profil que nous accueillons volontiers. Il y a également des semaines intensives, à Paris et à Rome, pour visiter des sites et avoir des rencontres avec des professionnels. Le programme s’articule autour de deux grands blocs. Le premier porte sur les principes de la géopolitique : les fondements théoriques de la discipline, la guerre économique, la cartographie décisionnelle, les guerres irrégulières contemporaines, la compliance et les enjeux juridiques liés à la sécurité. Le second bloc est consacré aux pratiques de la défense : fonctionnement de l’OTAN, politique de défense européenne, nucléaire civil et militaire, renseignement, financement de la défense, radars et systèmes balistiques.
Et pour ce qui est de la certification ?
Le diplôme est délivré par l’université Lumsa. Il est reconnu par l’État italien et, grâce aux accords de Bologne, par l’État français. Des évaluations intermédiaires jalonnent l’année. L’examen final consiste en la rédaction d’un mémoire, dont le sujet et le directeur sont définis entre l’étudiant et son directeur de recherche.
À qui s’adresse ce master ?
À des étudiants qui ont déjà un premier cycle derrière eux, une licence en droit, en histoire, en science politique, en économie et qui veulent se spécialiser dans les enjeux géopolitiques et de sécurité. Mais aussi à des professionnels en reconversion ou en évolution de carrière qui souhaitent acquérir une grille de lecture stratégique. Le format mercredi-samedi y répond directement. Nous accueillons également des candidats internationaux, ce que la dimension romaine du master facilite.
Comment candidater ?
Il suffit d’envoyer un CV et un questionnaire de candidature à revue.conflits@protonmail.com. Le questionnaire est téléchargeable sur notre site. Le processus d’admission comprend une analyse des dossiers, puis un entretien. Nous voulons connaître les motivations des candidats, comprendre leur projet, nous assurer que le master correspond à ce qu’ils cherchent vraiment. La géopolitique n’est pas une discipline abstraite réservée aux chancelleries ou aux think tanks. Elle concerne chaque entreprise, chaque organisation qui opère dans plusieurs pays, chaque décideur qui doit naviguer dans un monde de plus en plus instable. Notre ambition avec ce master, est de former des gens capables de lire le monde tel qu’il est, sans naïveté, avec méthode, et avec la curiosité intellectuelle que ce temps exige.
Master Géopolitique, défense et sécurité — Conflits / Lumsa / ESJ Paris. Promotion octobre 2026 – juillet 2027. Renseignements et candidatures : revue.conflits@protonmail.com https://www.revueconflits.com/services-conflits/master/



