Le 15 octobre, le palais des congrès d’Ajaccio a réuni institutions, experts de l’export et chefs d’entreprise pour une journée consacrée à la conquête des marchés extérieurs. Organisée par l’Agence de développement économique de la Corse (ADEC), la Ghjurnata consacrée à l’export a rassemblé dirigeants d’entreprise, partenaires institutionnels et spécialistes du commerce international.lus qu’un cycle de conférences, la Ghjurnata Internaziunale de l’ADEC a été pensée comme un temps de travail. De nombreux chefs d’entreprise ont échangé en B2B avec les permanents de Business France chargés de zones géographiques précises : Amérique du Nord, Afrique du Nord, Europe de l’Est, entre autres. Ces experts connaissent le terrain, les habitudes d’achat et les réseaux de distribution de leurs marchés respectifs. Les entretiens ont permis à chaque entrepreneur de confronter son projet à la réalité d’un marché.
La journée a abordé l’ensemble des paramètres qui conditionnent la réussite d’une démarche d’exportation. Les intervenants ont présenté des études de marché pour identifier les secteurs porteurs, mesurer la concurrence et repérer les segments où les produits corses peuvent se distinguer. L’image de la Corse, la qualité et l’authenticité de ses productions, la force d’une identité reconnue bien au-delà de la Méditerranée constituent un avantage compétitif. Dans l’agroalimentaire, l’artisanat, les cosmétiques ou les savoir-faire, le territoire dispose d’un capital de notoriété qui peut s’appuyer sur des démarches de qualité et de différenciation. Les experts ont insisté sur un point : exporter ne consiste pas seulement à vendre un produit à l’étranger. Il faut un récit, une offre adaptée, un positionnement de prix cohérent et des partenaires locaux fiables. C’est ce travail de préparation, mené avec l’appui des dispositifs publics, qui fait la différence entre une opportunité ponctuelle et un développement durable. Atypique, le projet d’entreprise de la Bastiaise Sophie Castella pourrait être intégré dans une offre à l’étranger. Sa société Volana propose une expérience numérique de voyage qui est développée pour le grand public, le tourisme ou encore la santé et la dépendance des personnes âgées : « Cet événement permet de créer de belles opportunités. Notre outil numérique permet d’agir pour le bien-être, le bien vieillir et l’on va s’en servir même pour la promotion touristique de l’île. »
Même point de vue chez Sébastien Gilabert, le fondateur de Missia qui développe une solution d’intelligence artificielle dédiée à l’autonomie et à la prévention des risques pour les personnes âgées. Comme quoi, l’export peut aussi concerner une Corse inattendue :
Au-delà du diagnostic, la journée avait une finalité très opérationnelle : présenter les démarches et les outils qui facilitent l’accès à l’export. L’ADEC, Business France, la Team Export France et Bpifrance ont détaillé leurs offres d’accompagnement, de l’information initiale à la prospection active, en passant par la mise en relation avec des partenaires et des acheteurs étrangers. Le volet financement, porté par Bpifrance, a rappelé que les solutions existent pour soutenir les investissements nécessaires à la conquête de nouveaux marchés et sécuriser les opérations. La Ghjurnata du 15 octobre a ouvert la voie, et c’est maintenant aux entrepreneurs de s’en saisir pour porter les produits et le savoir-faire de l’île sur les marchés du monde.


