Considéré comme l’un des plus grands guitaristes acoustiques de sa génération, l’Australien Tommy Emmanuel a fait escale à Patrimonio qu’il connait bien. Surnommé « CGP » (Certified Guitar Player), un titre décerné par son mentor et ami Chet Atkins, il varie les styles et les influences : blues, country, jazz et folk. Il nous livre en toute simplicité les secrets de sa passion, ses souvenirs des rencontres qui ont marqué sa carrière, et son bonheur de retrouver, ce soir-là, la scène de Patrimonio entouré d’autres grands noms de la guitare.
Qu’est-ce que ça signifie pour vous de jouer à Patrimonio ?
Tommy Emmanuel : Ça compte énormément pour moi. J’y ai vécu tellement de bons moments. Beaucoup de gens en France m’ont dit : « Il faut absolument que tu ailles à Patrimonio, c’est un festival magnifique. » J’y ai rencontré tant de grands musiciens. Et le public français… il est vraiment à l’écoute, en phase avec ce que je fais. J’ai l’impression d’avoir attendu toute ma vie pour jouer pour eux.
Vous êtes considéré comme l’un des meilleurs guitaristes acoustiques au monde. Quel est le secret de votre relation avec cet instrument ?
C’est simplement le fruit d’un travail acharné, rien de plus. J’aime jouer, et j’aime jouer pour le public. C’est tout. Je suis là pour les gens — pour ceux qui savent apprécier cette musique et qui vivent avec elle, avec cette réalité-là.
Votre style mélange blues, country, jazz et folk. C’est une manière pour vous de déplacer les frontières ?
Exactement. Vous connaissez l’organisation Médecins Sans Frontières ? Eh bien, moi, je suis « guitariste sans frontières ». La musique est un cadeau, et nous en avons besoin dans nos vies. C’est un cadeau accessible à tous. Et je pense que ce soir, les gens vont passer un moment exceptionnel.
Sur scène, votre énergie est incroyable. C’est quoi votre secret ? La passion ?
Elle est née en moi, elle fait partie de qui je suis. Je dois jouer avec cette énergie et donner le meilleur de moi-même — c’est vraiment ça, l’essentiel.
Vous avez joué avec de nombreux musiciens de talent. Qu’est-ce que ces rencontres vous ont apporté ?
Jouer avec d’autres musiciens, c’est sans doute ce qui me procure le plus de plaisir, parce que c’est imprévisible. On ne peut jamais deviner ce que l’autre va faire. C’est toujours passionnant, et c’est un vrai bonheur. On aime tous mélanger les styles, mélanger nos façons de jouer, et improviser ensemble.
Et Chet Atkins, bien sûr ?
Chet Atkins a été mon tout premier modèle à la guitare, mon premier héros. Il est resté un véritable ami pour moi, et il me manque. Il a été comme un père pour moi.
Qu’est-ce que la Corse représente pour vous ?
D’abord, c’est tellement beau ici. J’ai des amis ici, et tant de bons souvenirs. Ce soir, il faut qu’on en crée encore d’autres. J’ai un ami en Corse, Jean-Bernard. J’ai vraiment hâte de voir jouer Barelli ce soir, ainsi que Mateo — il y a tellement de grands musiciens ce soir. Ça va être une véritable explosion.


