dimanche, février 8, 2026
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Voyage extraordinaire dans l’univers intemporel de Fanfan Salvini 

On ne sait comment décrire un tel phénomène si ce n’est en l’accompagnant de mots comme « étrange », « magique », « générosité » et « bienveillance ». Fanfan Salvini est un peintre d’exception. Artiste aux mille vies, il décrypte, à travers ses œuvres, la Corse, ses paysages mais aussi ses églises. Napoléon, les femmes, Venise, les cathédrales, les animaux, les natures mortes font également partie de ses thèmes de prédilection. Tout simplement immense !  

On ne peut sortir indemne d’une rencontre avec Fanfan Salvini. Originaire de Porto Vecchio et de Bonifacio, l’artiste peintre est un personnage incroyable. A 89 ans, il a conservé l’âme d’un enfant émerveillé qui continue de se passionner pour la vie, ses coïncidences et ses curiosités, héritant de ses ancêtres marins, le goût pour l’exploration, la découverte, la connaissance des choses. Ancien journaliste à Nice Matin, pionnier du tourisme insulaire, chef d’entreprise, sa vie est un roman comme celle de son personnage historique préféré, Napoléon. Dans son atelier-domicile où le moindre centimètre carré est consacré à la peinture, les tableaux s’animent et semblent écrire une chorégraphie. Dans ces pièces chargées de couleurs et de nuances, le grandiose se sublime à chaque instant. Il faudrait probablement plusieurs années pour tout décrire, pour tout révéler. Cette caverne d’Ali Baba, il l’a commencée en 1985, il y a plus de quarante ans maintenant. Depuis, Fanfan n’a jamais cessé de peindre au point de se réveiller dans la nuit pour rajouter une couleur, un détail, une humeur, une envie. Ses œuvres, il les veut comme l’un de ses peintes favoris, Georges Rouault, « inachevées » : « Un tableau n’est jamais fini. » L’art de ne jamais terminer pour laisser la réflexion se prolonger. Avec Fanfan Salvini, les propos s’enchainent très vite, on atteint les sommets de l’oralité, de l’intelligence spontanée, les doux legs de la culture gréco-latine. Il y a du Pagnol, de la Méditerranée, de l’amour dans ce personnage insolite qui peint pour exprimer les bonheurs de l’âme humaine, ses tourments mais aussi ses plus belles réalisations. On se laisse guider par les paroles comme un navire sur des eaux calmes. Son parcours artistique débutera tardivement : « Pourtant, mon professeur, madame Bigout m’avait toujours encouragée à faire de la peinture. Elle m’avait dit : « Vous auriez dû être peintre. » Le déclic viendra au contact de Toussaint Lenziani qui m’avait fait découvrir les œuvres de son épouse, Guillemette. » 

Chacune de ses œuvres est unique, tous « ses Napoléon », toutes « ses églises », toutes « ses cathédrales » sont différents par le choix des couleurs, le choix du cadrage et des tons. Le talent ? « Cela ne représente que 10% chez un artiste, 90% c’est le travail ! » Son œuvre s’étoffe de jour en jour et à la fin des années 80, le célèbre chanteur Gilbert Bécaud deviendra même l’un de ses fervents admirateurs. Tout est lumière, traits épurés, profondeur et mise en scène chez Fanfan : « J’ai mes périodes, celle du cône, du cylindre et de la sphère comme le disait Cézanne. J’ai donc réalisé des natures mortes, des fleurs, des paysages, les femmes, les églises… Je ne m’y retrouve même plus tellement il y a de tableaux. Lorsque j’ai commencé à faire les églises, j’ai voulu rendre hommage à ma mère et à toutes les autres personnes qui pratiquaient autrefois le denier du culte. Je ne veux pas que nos églises tombent en désuétude. Subconsciemment, je suis un défenseur de l’église, je ne suis pas un guerrier ni un templier, je n’aime pas que l’on fasse du mal en général. Dans la vie, il faut faire le bien. » Faire le bien, une notion essentielle comme le rappelle souvent son ami, le cardinal Bustillo : « Il est déjà venu à plusieurs reprises et puis j’ai pu offrir grâce à lui, un tableau de Notre Dame de Paris à l’archevêque de Paris, Monseigneur Ulrich mais aussi un tableau représentant Saint François d’Assise au Pape François lors de sa venue en Corse. Saint François offert au Pape François par François Salvini… » nous dit-il avec un sourire merveilleux.

Fanfan Salvini travaille de façon instinctive : « Chez moi, tout est programmé sans l’être. Sans palette, je fais avec la couleur qui me vient sous la main. Ce qui m’importe est d’avancer, il faut que j’avance, je veux peindre absolument. Il faut être spontané, ensuite, il faut laisser du temps avant de reprendre le tableau. La peinture devient ensuite solide.» Bouleversant et bouillonnant, ne tenant pas en place, l’artiste écrit, par le biais de ses peintures, une grande et longue histoire : «Tout n’est qu’expérience. Degas avait dit : « Toute ma vie, j’ai passé à essayer. » Moi aussi, j’essaye !  Il y a des écritures picturales qui demandent à se prolonger… » Et certaines se bonifient avec le temps comme les bons vins ! Le goût de l’effort, l’humilité, la tendresse dessinent l’harmonie salvinienne. Une harmonie qui ne peut se passer de contempler la femme ou  plutôt les femmes… Elles sont des centaines à lui avoir servi de Clio, de muses, de modèles. Chaque visage, chaque portrait est étincelant de beauté, d’ordre, de regards sincères, amoureux ou craintifs. Ses tableaux de « femmes » ont une âme merveilleuse. De « Gold » son modèle fétiche jusqu’à la belle Donatella, l’une de ses infirmières que l’on pourrait confondre avec la Joconde, Fanfan Salvini est probablement le seul homme à percer le mystère féminin. 

Silencieusement, Fanfan Salvini nous dévoile la Corse, dans son regard le plus exacerbé, dans ce qui demeure lorsque l’on ferme les yeux, une peinture charnelle, forte, authentique. On pourrait croire que Fanfan a côtoyé Mérimée et autres écrivains explorateurs de la géographie et de l’âme insulaires. Quand on contemple ces tableaux, on a l’impression de les entendre, de les voir discuter entre eux, à l’occasion d’une partie de belote, d’une promenade bucolique, d’un partie de campagne, dans un golfe clair… Une Corse remarquable, passionnée qui oriente vers l’essentiel, le partage, la transmission, la dignité qui font l’homme. Fanfan est un passeur, un relais, un précieux témoin. Il sait la musique, la nécessaire tragédie qui permet de composer le beau et surtout le bien…

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