Au niveau touristique, les défis sont grands, ils consomment une énergie certaine et nécessitent une attention permanente des socioprofessionnels. Pour les engager dans la dynamique d’un tourisme durable et identitaire, l’Agence du Tourisme de la Corse a organisé, les 2 et 3 avril, au Parc Galea à Taglio Isolacciu, la cinquième édition des Journées du Club de l’Écolabel Européen qui a permis d’aborder les programmes de coopération européenne.
Face aux enjeux environnementaux croissants et à une demande de plus en plus forte de voyages responsables, le tourisme durable s’impose. La Corse, avec son engagement en faveur de l’écolabellisation et sa reconnaissance au niveau or du label international Green Destinations, se positionne comme leader dans ce secteur afin d’offrir aux visiteurs une expérience authentique. Pour renforcer au fil des ans cette stratégie de développement économique, l’Agence du Tourisme de la Corse (ATC) a fait le choix d’accompagner les professionnels du secteur de l’hébergement touristique qui le souhaitent vers l’écolabellisation. Angèle Bastiani, la présidente de l’ATC précise : « Le tourisme durable n’est plus une option, c’est une nécessité stratégique. En Corse, nous avons fait un choix clair : celui de faire de la qualité environnementale un pilier de notre attractivité parce que notre patrimoine naturel est notre richesse première et que sa préservation conditionne directement notre avenir touristique. »
Et dans le cadre de cette stratégie, l’ATC réunit chaque année l’ensemble des acteurs engagés du secteur à l’occasion des Journées du Club de l’Écolabel Européen de Corse. La cinquième édition s’est déroulée en Costa Verde et avait notamment pour thème, le rôle et le fonctionnement des programmes de coopération européens comme INTERREG Marittimo, cofinancés à 80 % par le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) : « L’ouverture de cette édition aux programmes INTERREG traduit une volonté : inscrire pleinement la Corse dans une dynamique méditerranéenne de coopération et d’innovation.. » souligne la présidente de l’ATC. Une coopération européenne qu’il faut interroger, remanier, articuler pour partager des objectifs similaires avec les régions transfrontalières. Pour Jean-Louis Moretti, le responsable Pôle Développement & Ingénierie de l’ATC : « Nous avons profité de coupler cette réunion de l’écolabel avec des comités de pilotage de programmes de coopération avec la Toscane, la Ligurie, la Sardaigne mais aussi le Var et les Alpes Maritimes. Ce couplage était l’occasion de s’adresser au public des établissements écolabellisés et des candidats afin de leur montrer un contexte plus large, transfrontalier et méditerranéen pour leur expliquer que l’ATC agissait également à cette échelle y compris à une échelle internationale avec l’obtention du label Green Destination en 2025. »

Un label qui séduit de plus en plus
L’écolabel européen, seul label écologique officiel commun à l’ensemble des pays de l’Union Européenne, est décerné aux établissements qui respectent des critères stricts en matière de gestion environnementale. Depuis le lancement de cette initiative en Corse, le nombre de structures touristiques écolabellisées n’a cessé d’augmenter, porté par l’accompagnement de l’ATC et le soutien du FEDER. À ce jour, l’île compte 60 établissements certifiés Écolabel européen, soit sept de plus que l’année précédente. Un chiffre qui positionne la destination parmi les leaders des régions françaises en nombre d’hébergements reconnus pour leur démarche écologique. Les établissements écolabellisés incluent des hôtels, des résidences de tourisme, des villages de vacances, des campings et des meublés de tourisme. Cette diversité témoigne de l’engagement généralisé du secteur touristique d’autant que pour 2026, 32 nouveaux candidats sont en attente de labellisation. Cette dynamique s’instaure aisément : « Le PADDUC nous demande de construire un tourisme durable, valorisant l’identité et qui occupe tout l’espace corse, du littoral à l’intérieur, sur une période large de l’année. La durabilité sous toutes ses formes est notre ligne directrice à travers l’écolabel européen ou d’autres labels. Cette dynamique est l’effet d’une certaine persévérance. Nous avons lancé l’écolabel il y a cinq ans. Les nouvelles candidatures nous permettront d’approcher de la barre symbolique de la centaine d’établissements en Corse. Par rapport à l’année de création, nous sommes sur un multiplicateur par 9 du nombre de candidats, cela manifeste véritablement la volonté des Corses. C’est là que réside la clé du succès. Les Corses veulent un tourisme prenant cette forme. Dans le PADDUC, il est noté que la Corse doit prendre le leadership du tourisme durable en Méditerranée. Cela semble vertigineux à lire mais cela n’est pas accessible au regard des résultats. Avec une centaine d’établissements labellisés, la Corse sera positionnée première en France et en Méditerranée. »
Sur la coopération européenne, des dispositifs tels que “Via Patrimonia ACT” et “Smart Communitas”, ont été présentés aux socioprofessionnels : « Via Patrimonia ACT est porté par la CDC, il réunit une dizaine de partenaires franco-italiens autour du développement d’itinéraires culturels accessibles et d’un tourisme résilient et inclusif. L’ATC y pilote les tables de gouvernance touristique et coordonne les actions de promotion digitale et de durabilité. Smart Communitas est conduit par l’Université de Gênes pour développer une offre touristique innovante fondée sur le tourisme communautaire (CBT), le nomadisme numérique et le tourisme lent. L’ATC y implique deux territoires pilotes : l’Alta Rocca et L’Île-Rousse Balagne. »
Cette dynamique de développement durable, portée par l’ATC et ses partenaires, fait de la Corse un modèle à suivre pour d’autres destinations cherchant à concilier tourisme et préservation de l’environnement.



