« La voix des Corses en Corse et dans le reste du monde… »
Pour commencer, car il faut bien un commencement… C’est au cours d’une discussion récente avec l’ami Jean Bucchini que les choses vont s’éclaircir. Passionné d’histoire et d’anecdotes, Jean est de ces rares témoins capables de conter ce roman indescriptible qu’est la Corse. Il en connaît les origines, les sens, les traditions, les familles et les modes de vie.
Lors de cette conversation, nous en venons à parler de la presse écrite, de ces journaux flamboyants des décennies précédentes : Le Drapeau, l’organe du Parti Bonapartiste à Ajaccio, et L’Insulaire, de son compatriote de Sartène, Achille de Susini. L’Insulaire résonnait bien dans ma tête. Il faisait songer à Napoléon, bien sûr, mais aussi aux souffrances du jeune Werther de Goethe, aux rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, aux voyages de Gulliver de Swift et surtout à l’Odyssée d’Ulysse tentant de retrouver Pénélope après la Guerre de Troie, racontée dans l’Iliade. Homère, oui, à qui nous devons tant, si ce n’est pas tout !
On pouvait se le dire et se l’écrire : à une époque charnière qui entraînera l’irruption du plus grand basculement après l’ère industrielle, avec l’Intelligence Artificielle et le contrôle par les sociétés nouvelles de nos libertés individuelles, nous nous devions de combattre l’inéluctable, mais aussi de nous exercer à le freiner, à le ralentir en appréciant le temps qui passe, en savourant ces moments de vie sur terre.
Jules Verne, Herbert George Wells, Isaac Asimov, George Orwell, Philip K. Dick : ces auteurs ont démontré que le progrès n’était pas uniquement synonyme de bien-être ou d’amélioration du confort. Mais L’Insulaire ne sera pas un esprit chagrin et passéiste ; il se voudra plutôt comme le fil tendu au funambule pour lui permettre de franchir un obstacle ou de se penser, plus prosaïquement, comme un pont entre deux rives… Un pont entre la Corse, continent à part entière, et le reste du monde.
Soyons plus que jamais égoïstes et ambitieux !
Bonne lecture.
Yannick Campo
Rédacteur en chef.


