samedi, mars 7, 2026
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« Freedom Hawk » ; inquiétudes autour de l’exercice franco-britannique

Du 17 février au 2 mars 2026, la base aérienne 126 Ventiseri-Solenzara en Corse a accueilli un détachement de la Royal Air Force (RAF) dans le cadre d’exercices d’entraînement conjoints. Cette opération, mobilisant près d’une centaine d’aviateurs britanniques, dont 32 pilotes, a suscité des inquiétudes au sein de la population en raison du contexte actuel au Moyen-Orient.

A Bastia, sur l’un des terrains de tennis, alors que leur match est des plus acharnés, Nicolas et son camarade de jeu, s’arrêtent brusquement pour contempler le ciel. En cette après-midi du 27 février, ils aperçoivent huit Hawk T2 de la Royal Air Force escortant un A400 M de l’armée française. Le phénomène est à signaler car des manœuvres d’une telle ampleur restent inédites en Corse malgré la présence de la base aérienne 126 de Ventiseri-Solenzara. Les exercices concernent généralement quelques exercices aux beaux jours de Rafales ou encore quelques sauts en parachutage effectués à partir du A400 M.  Dès l’annonce par les médias des frappes américaines et israéliennes en Iran, les réseaux sociaux ont fait fleurir des commentaires farfelus et aberrants symboles d’une profonde méconnaissance des opérations militaires, des relations diplomatiques, de ce qui se passe actuellement dans le monde. Certains ont paniqué, certains ont vu la guerre aux portes de leurs maisons comme Sabine, effrayée en regardant la cartographie précise des tirs en Iran, en Arabie Saoudite, aux Emirats ou au Qatar : « Là, ça craint ! » pouvait-on lire sur sa page Facebook. Nicolas fait directement le lien entre la scène observée à partir du terrain de tennis et les opérations « Epic Fury » et « Lion’s Roar » : « Je comprends mieux ». D’autres ont même confondu les Hawk T2 avec des F35 et l’A400M avec un B52. Alors bien sûr, il convient de relativiser. La Corse n’a pas été non plus en proie à un grand mouvement d’hystérie collective mais ces petits signaux sont assez révélateurs d’un peuple européen qui s’est habitué aux fameuses « dividendes de la paix », ne voulant pas voir sa propre vulnérabilité, son absence de rigueur, de discipline, de maturité, de gestion sans stress des événements.

En début de semaine, le ministère des Armées s’est donc fendu d’un communiqué pour expliquer les buts, les objectifs des exercices franco-britanniques dans le ciel insulaire : « Pour la deuxième année consécutive, la base aérienne 126 Ventiseri-Solenzara accueille un détachement de la Royal Air Force dans le cadre d’un exercice d’entraînement conjoint du 17 février au 2 mars 2026. Ce déploiement mobilise près d’une centaine d’aviateurs britanniques, parmi lesquels 32 pilotes, présents sur le sol insulaire pendant deux semaines. »

Les avions de chasse britanniques Hawk T2 ont effectué une quarantaine de sorties aériennes au-dessus de l’île. Le déploiement vise à renforcer l’interopérabilité entre les forces armées françaises et britanniques, un objectif qui s’inscrit également dans les grandes lignes du discours d’Emmanuel Macron, le 2 mars, depuis la base militaire de l’Ile Longue dans le Finistère, plaidant pour une nouvelle doctrine dite de la « dissuasion avancée » mais aussi dans le cadre du partenariat franco-britannique des accords de Lancaster House, signés en novembre 2010, visent à renforcer la coopération militaire et de défense entre les deux pays. Ils prévoient notamment le partage de capacités militaires, le développement conjoint d’armements et une collaboration accrue en matière de dissuasion nucléaire. L’un des piliers de ces accords est la création de la Force expéditionnaire conjointe franco-britannique (Combined Joint Expeditionary Force – CJEF), une force binationale conçue pour mener des opérations militaires conjointes de haute intensité : « Opérationnelle depuis 2020, la CJEF incarne l’engagement franco-britannique en faveur d’une défense européenne renforcée et d’une capacité d’intervention autonome sur la scène internationale. » précise le Ministère des Armées.

Quant aux inquiétudes, elles pourront être difficilement ignorées au regard de l’histoire de l’île, de la mentalité de ses habitants forgée au fil des siècles par de multiples invasions et razzias barbaresques. La chose la plus utile serait probablement de réenseigner l’histoire et la géographie chez les enfants mais aussi chez de nombreux adultes : La Corse est dans une Méditerranée qui a toujours été une cocotte-minute prompte à exploser.

crédits Photos : Armée de l’Air et de l’Espace

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