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Arte Flamenco : un souffle d’Andalousie à Bastia

En flânant dans Bastia, il est temps de faire une pause devant le Centre Culturel Una Volta pour apprécier le mouvement, la grâce et la légèreté du Flamenco…

Le Flamenco, qui allie musique et danse, est inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité. Il représente un héritage de l’histoire andalouse, à la croisée des trois grandes religions monothéistes. De Séville à Cadix en passant par Grenade, ses teintes emblématiques sont le rouge et le noir, symbolisant la vie et la mort. Le récit d’Anne Guidicelli sur sa découverte du Flamenco, grâce à Monique Antonini, la présidente de l’association, est captivant. Pour elle, il s’agit d’une harmonie : « Les hommes et les femmes utilisent leurs talons pour créer une percussion qui fusionne avec le son des castagnettes… » Ancienne danseuse classique, elle se plonge avec passion et détermination dans cet art : « C’était très différent. Le Flamenco a une posture et une gestuelle si distinctes. Que l’on soit danseur ou musicien, entrer dans le Flamenco, c’est pénétrer un autre univers. On remet en question tout ce que l’on a appris. C’est une nouvelle langue, profondément méditerranéenne, qui nous incite à explorer et à en savoir plus… Le Flamenco est une histoire, une culture. Sa particularité réside dans le fait qu’il se vit en direct : un guitariste, un chanteur, un danseur – ces trois piliers forment la base de cet art. Cela repose sur une certaine structure, mais aussi sur une grande part d’improvisation, ce qui lui confère sa magie. C’est de cette alchimie que naît « el duende ». El Duende, comme en parle Federico Garcia Lorca, est ce moment suspendu, ce « Olé » qui résonne lorsque tout est en place. Les émotions s’expriment tour à tour, et le danseur se joint au chanteur qui vient de se lamenter. En tant que danseur, vous prolongez son cri, cette douleur. C’est ainsi que le Flamenco crée une alliance, une harmonie, où tout fusionne. »

Le Flamenco est également une école d’humilité, un univers infini où l’apprentissage est constant. Formée par Sergio Candiota, Anne Guidicelli retient comme principale leçon celle du travail, de la persévérance et de la volonté de se surpasser, tout en transmettant un état d’esprit et un art majeur. Avec Elisabeth Madrau, elle enseigne à une soixantaine d’adhérents les lundis, mercredis et jeudis au Centre Culturel Una Volta : « Il est important de prendre en compte les différents niveaux. Certaines personnes pratiquent le Flamenco depuis 25 ans, tandis que d’autres viennent tout juste de débuter. Il faut donc offrir une formation adaptée. »

Scontru Flamenco : partager, toujours partager

Depuis sa création, l’ADN de l’association est de proposer des stages, des ateliers et des rencontres avec le public. Du 8 au 13 avril, elle accueillera la cinquième édition du Scontru Flamenco, au Centre Culturel Una Volta et à l’espace Charles Rocchi à Biguglia. L’objectif est de créer un véritable espace d’échanges et de transmission des identités : « Cette nouvelle édition approfondit encore cette ambition, centrée sur le thème de l’héritage et de la transmission. Nous nous interrogeons : que faire de ce que je reçois ? Est-ce que je le transforme dans mon art ? Est-ce un poids ou un tremplin ? Est-ce que je respecte cet héritage, ou est-ce que je le transcende ? C’est pourquoi nous avons invité Myriam Tchalian, une grande artiste danseuse, pour qu’elle partage ses origines arméniennes. En tant qu’exilée, elle s’interroge sur la manière dont cet héritage se manifeste dans son art… Son compagnon, le guitariste Pepe Haro, l’accompagnera pour animer les cours, nous sensibilisant au chant flamenco et aux rythmes flamencos. Un jeune chanteur insulaire, Petru Paulu Lorenzi, participera également pour partager son héritage et sa perception de celui-ci ! »

Une causerie sera proposée le samedi 11 avril, de 14h30 à 16h00, animée par Serena Talamoni et Rosa Giovinazzo, en présence de l’écrivaine Marie Ferranti, qui évoquera son expérience en Andalousie et ses voyages à Séville. Enfin, la partie principale de l’événement sera consacrée aux cours proposés par les animatrices d’Arte Flamenco pour ceux qui souhaitent faire leurs premiers pas : « Nous voulons multiplier les initiatives pendant ces journées, assister à la causerie, entendre des chants corses et découvrir le flamenco. L’objectif est de croiser les échanges pour que cela soit intense ! »

À Bastia, durant quelques jours, la Corse et l’Andalousie auront l’occasion de se regarder, de s’écouter et de dialoguer, pour notre plus grand plaisir.

Renseignements :

arte-flamenco.net/5/

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