Les éditions Coletta ont publié un ouvrage poignant : « La Corse des années 50, le temps de l’espoir ». Ce livre, signé par Jean-Paul Cappuri, Jean-Richard Graziani et Jean-Marc Raffaelli, avec des illustrations de Xavier Grimaldi, se présente comme un véritable album de souvenirs, parsemé d’anecdotes de cette décennie marquante.
À travers plus de 200 pages de récits, de témoignages et de photos nostalgiques, les auteurs nous invitent à redécouvrir une époque où se mêlent hommes, femmes, paysages et traditions. Au fil des chapitres, on parviendrait presque à humer le « parfum du maquis », cher à Antoine Ciosi, qui signe d’ailleurs la préface. Les illustrations en noir et blanc témoignent d’une Corse souriante et insouciante, peuplée de figures emblématiques telles que les bergers aux barbes grises et les marins en casquette traditionnelle.
L’idée de ce livre d’histoire est née à l’issue d’un reportage effectué par Jean-Paul Cappuri : « Il y a une quinzaine d’années, j’ai travaillé sur un hors-série de Corse Matin consacré aux années 50. Mes recherches ont révélé à quel point cette période méritait d’être explorée davantage. » Le soutien de Michel Tomasi, qui a ouvert les archives de son père, a été précieux pour illustrer cet ouvrage, notamment avec une photo de couverture qui évoque le sous-titre, « Le temps de l’espoir ».
Ses amis, Jean-Marc Raffaelli et Jean-Richard Graziani, également journalistes, ont été d’emblée séduits par le projet. Place ensuite à la répartition des tâches : « Nous avons pris soin de nous partager le travail tout en maintenant une communication fluide. Nous avons voulu rendre hommage aux figures marquantes de l’époque, en mettant en lumière des événements cruciaux tels que l’exil de Mohammed V ou la visite de la reine Elizabeth II », précise Jean-Marc Raffaelli. Les auteurs ont opté pour une approche journalistique, préférant les récits de témoins directs aux simples faits encyclopédiques : « Passer du temps avec les derniers mineurs de Canari offre une perspective bien plus enrichissante que de consulter des statistiques », argue-t-il.
Cette décennie, à la fois touchante et pleine d’espoir, semble ouvrir la voie à de nouvelles libertés individuelles et à une quête de bonheur collective. Les écrits et images laissent transparaître une sincérité dénuée de cynisme, où les sourires illuminent même les photographies en noir et blanc. Jean-Richard Graziani évoque l’ambition de bâtir un avenir meilleur après la guerre : « À la fin de la guerre, il ne restait qu’un seul paquebot pour les liaisons entre la Corse et le continent. Tous les autres avaient été coulés ou sabordés. »
Le lien entre la Corse et le Général de Gaulle est également abordé, soulignant que c’est grâce aux Corses que De Gaulle est devenu le fondateur de la Vème République. Les événements de mai 1958, marqués par la présence de Jean Baggioni au milieu des insurgés, témoignent d’un patriotisme ardent.
Cet ouvrage présente la Corse comme un ensemble complexe, oscillant entre résistance et modernité, traditions et aspirations. Les jeunes générations pourront ainsi découvrir les visages derrière les noms des plaques de rue qu’elles croisent chaque jour, tout en appréhendant les frémissements de l’autonomisme et les cours de morale à l’école.
En attendant un second tome sur les années 60 !
La Corse des années 50 – le temps de l’espoir
Par Jean-Paul Cappuri, Jean-Marc Raffaelli, Jean-Richard Graziani, Xavier Grimaldi
Éditions Coletta – 45 euros.



