La Coordination Rurale insulaire, présidée par Cyril Caria, a répondu à un appel national visant à porter les revendications paysannes jusqu’à Paris
Le 6 janvier au matin, une demi-douzaine de tracteurs venus de Corse ont débarqué d’un ferry sur le continent à Marseille. Leur but ? Rallier Paris par la route pour participer à la mobilisation pacifique des agriculteurs français convoquée par la Coordination Rurale (CR), l’un des principaux syndicats agricoles français (30 % aux dernières élections syndicales). A leur tête, on trouve Cyril Caria, 48 ans, agriculteur de Linguizetta, président de la CR Corse depuis 2022, et nouveau trésorier national du syndicat, devenu très médiatique ces dernières années grâce aux bonnets jaunes arborés par ses militants.
« La politique menée en Corse, elle est décidée à Paris »
Depuis l’hiver dernier, la Coordination Rurale participe à la coalition qui administre la Chambre d’agriculture, désormais présidée par Jean-Baptiste Arena, maire de Patrimonio. La CR y dispose d’un vice-président en la personne de Jean-Mathieu Susini, lui-même adjoint au maire de Luri. « La politique menée en Corse, elle est décidée à Paris. Donc si aujourd’hui on n’est pas forts sur le continent, qu’est-ce que vous voulez qu’on puisse gratter, nous, gagner, ici en Corse ? », a commenté Cyril Caria au micro de la radio ICI Corse pour justifier la participation de son syndicat à un mouvement qui s’oppose à l’abattage total des troupeaux de bovins dont une bête a été infectée par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Outre la DNC, la Coordination Rurale s’oppose à la signature prochaine d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil…) qui comprend un important volet agricole. Enfin, ces agriculteurs s’inquiètent de la baisse possible des subventions de la Politique agricole commune (PAC). Les récentes discussions avec le gouvernement n’ont à leurs yeux apporté aucune garantie ou évolution suffisante relatives à ces différents dossiers brulants.
Bloqués au nord de Marseille
Les paysans corses comptent remonter vers la capitale en passant au préalable par Gap et Grenoble pour s’agréger à un cortège plus important. Peu après leur départ de Marseille, les tracteurs arborant des drapeaux à tête de maure ont dû marquer un premier arrêt à Velaux (Bouches-du-Rhône) sous la pression des forces de l’ordre. Ils n’attendaient dès lors, selon leurs dires qu’un moment propice pour reprendre leur périple.



